Djibouti : Relecture de l’Indignation d’Abdourahman TX

Un clan à la tête de DjiboutiUne récente publication d’un texte dans les réseaux sociaux par Abdourahman TX, Secrétaire Général de la coalition de l’opposition USN et déposé Maire de la capitale mérite une relecture avec un certain recule.

Dans son texte, Abdourahman TX s’indigne d’une généralisation, d’une stigmatisation faite dans les réseaux sociaux à l’encontre d’une communauté composante de la population djiboutienne, indignation que je partage tout naturellement.

En effet, des commentaires ont été fait sur des photos prisent lors du traditionnel défilé du 27 Juin. Ces commentaires blâmaient toute une communauté pour la gestion tribale d’une poignée.

Dans ces photos, on y aperçoit le dictateur djiboutien Ismail Omar Guelleh entouré des chefs des armées et aussi membres de sa tribu. Comme l’explique si bien Abdourahman TX dans son texte, il existe certainement des citoyens djiboutiens de ce clan qui partagent les mêmes joies, les mêmes misères que l’ensemble des citoyens djiboutiens ; « Ce sont nos frères et sœurs, nos concitoyens, des braves hommes et femmes comme toutes les Djiboutiennes et tous les Djiboutiens quel que soit le clan ou l’ethnie ». Ils vivent dans les quartiers les plus pauvres comme dans nos renions ou il est encore un défi, après 37 années d’indépendance, de trouver de l’eau potable.

Ce que je partage moins, bien sûr c’est un euphémisme, c’est lorsque plus loin dans son texte, Abdourahman TX écrit furtivement que « Le destin politique a bien voulu que gouvernent successivement deux hommes HASSAN GOULED APTIDON (Allah yarham) et ISMAIL OMAR GUELLEH ».

A la lecture de cette phrase, la question qui nous vient naturellement à l’esprit est : est-ce que TX est naïf ou démagogue ?

Personnellement, je ne pense pas qu’il soit naïf car il et sa formation politique ont remporté brillement les élections de la capitale. Il est devenu Maire de la Ville de Djibouti. C’est un homme instruit, plus rationnel qu’émotif.

Les djiboutiens savent, sans le moindre doute, que le Destin Politique Numéro 1 (Allah Yarxamhu) a pris la main du Destin Politique Numéro 2, contre la procédure propre à son parti et lui a cédé la place. Les concurrents, les mécontents seront ensuite domptés et finiront par appelé Papa le Destin Politique Numéro 2 qui changera, par la suite, la Constitution « après que le peuple djiboutien lui demande, par acclamation, de rester autant qu’il souhaite à la tête de la République ».

– Les membres de ce clan sont-ils à blâmer pour la gestion tribale, ethnique de la République ? Absolument pas.

– Est-ce qu’il y a des similitudes entre le régime Siad Barreh et celui de Gouled/Guelleh ? Certainement.

En effet, il y a les faits et les spéculations. Les faits ne peuvent être niés car elles sont là devant nos yeux comme cette photo d’IOG entouré des siens qui contrôlent les armées. Ces hommes qui l’entourent ne sont certainement pas arrivés par leurs talents, leurs savoir-faire, leurs brillantes carrières et ce n’est certainement pas par leur instruction et leur culture. A cet effet, on pourrait trouver sur Youtube des vidéos de ces hommes entrains de lire, en hésitant, des discours qui donne l’impression qu’ils ont été écrits avec les pieds. Pour arriver à ces postes il a plusieurs moyens; les décrets présidentiels, les défenestrations d’officier et les suicides avec plusieurs balles dans le corps.

Cette photo n’est malheureusement que la pointe visible de l’Iceberg de la gestion tribale et ethnique des institutions de la République. Le lecteur est invité à faire un exercice très simple; énumérer les postes les plus importants de la République; postes militaires, financiers, sécurité intérieure, …etc. Qui sont ces hommes ?

Abdourahman TX a raison sur un point; il ne faut pas généraliser, stigmatiser toute une communauté. Cependant, il n’est pas naïf et il n’ignore certainement pas ces faits, ces similitudes avec le régime Siad Barreh.

Tous les djiboutiens savent, sans le moindre doute ces faits et ont créé à cet effet, des expressions parfois cocasses, parfois blasphématoires pour désigner ces hommes et ce régime.

Ceci est le présent, bientôt je l’espère le passé et donc rétablir ces faits n’a pas beaucoup d’intérêt.

La Question la plus importante est; que ce qui nous garantit que les hommes qui arriveront au pouvoir et qui sont dans l’opposition d’aujourd’hui ne feront pas la même chose ? La Confiance ?

Chakir Abdi

Programme Mémoire sur le massacre des religieux somaliens en 1975 par Siad Barre – l’intervenante Maryan Cilmi et le journaliste Ducaale – Barnamijka Xusuus Reeb Dilkii Culimada Somali 1975 Maryan Cilmi By Wariye Ducaale –


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