Somalie : Guerres de clans dans la région sud somalienne du Bas-Shabelle

les vieux déments de la somalieLes affrontements survenus au cours de la dernière semaine entre des clans de la région du Bas Shabelle, dans le sud de la Somalie, ont fait environ 30 victimes et forcé 250 personnes à se réfugier dans les bases de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), selon l’organisation.

Les tensions se sont aggravées entre les Habar-Gidir, un sous-clan des Hawiye, et les Biyomaal, une tribu de la fédération Dir, qui cherchent tous deux à obtenir le contrôle de cette région fertile.

Ces conflits surviennent moins d’un an après que l’AMISOM et l’Armée nationale somalienne ont réussi à chasser l’organisation islamiste Al-Shabab des villages et des villes de la région.

« Les combats ont affecté les résidents d’El-Wareegow, de KM50 et de Merka, à une centaine de kilomètres au sud de Mogadiscio. Nous sommes préoccupés par la situation humanitaire parce que les gens n’ont pas de nourriture. Il faut que la guerre cesse immédiatement et que l’accès à l’aide soit rendu disponible », a dit à IRIN le gouverneur adjoint de la région pour les affaires sociales, Omar Mohamud Ilmi. Il a ajouté que 10 000 personnes avaient fui des villages et des villes, mais ce chiffre n’a pas pu être vérifié auprès de sources indépendantes.

La capitale régionale, Merka, a été durement touchée. « Les affrontements ont perturbé les activités des entreprises. La plupart des habitants restent chez eux et les commerces sont fermés », a dit Abdirahman Ibrahim Ali, un journaliste local, à IRIN par téléphone. « Certains habitants ont fui vers les villages côtiers de Jilib Marka, de Gandarshe et d’Eel Ahmed. »

Le 9 juin, le premier ministre somalien, Abdiweli Sheikh Ahmed, a appelé tous les camps à observer un cessez-le-feu immédiat et autorisé une délégation de haut niveau dirigée par le ministre des Affaires étrangères et le ministre de la Défense à se rendre à Merka pour négocier avec les factions.

« Ce pays n’a pas besoin de nouvelles effusions de sang. Les personnes qui meurent sont nos frères et nos sœurs », a-t-il dit.

Nicholas Kay, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Somalie, a également dénoncé les affrontements.

« J’appelle à une cessation immédiate des hostilités. Toutes les parties doivent s’abstenir de toute action violente, faire des efforts immédiats pour calmer la situation et résoudre leurs différends par le dialogue pacifique et le compromis », a-t-il dit dans un communiqué de presse.

Restrictions en matière d’accès

Le transport des blessés représente un défi en raison de la prise de contrôle des principales routes d’accès aux villes et aux villages par les milices claniques.

« J’ai vu sept personnes blessées. L’une d’elles était une femme enceinte qui avait reçu une balle », a dit Sheikh Abdi, un habitant de la région du Bas Shabelle qui a fui les combats en compagnie de sa famille.

« Les guerres de clans sont différentes des autres types de conflit parce que vous devez fuir si vous appartenez à l’un ou l’autre des clans en conflit – même si vous n’y avez jamais participé », a-t-il dit à IRIN. « [Contrairement aux guerres de clans,] les affrontements entre le gouvernement et Al-Shabab ne représentent pas une menace spécifique et individuelle pour les habitants. »

Mahamat Saleh Annadif, le Représentant spécial de l’Union africaine pour la Somalie, a appelé au calme et exhorté toutes les parties à « s’abstenir de toute action violente, faire des efforts immédiats pour calmer la situation et résoudre leurs différends par le dialogue pacifique et le compromis ».

Les deux clans se sont déjà battus à plusieurs reprises par le passé pour le contrôle de la région. Le gouvernement somalien a pu servir de médiateur entre les groupes, mais un cessez-le-feu durable n’a jamais été obtenu.

mad/aps/am – gd/amz – IRINnews


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