Djibouti : L’Armée Nationale Djiboutienne, une Institution qui punit le mérite

091204-F-7901H-073Les forces armées ont depuis longtemps  cessé  d’être cette institution indispensable  à la vie  d’un Etat  moderne. Pour devenir  un instrument  au service  d’un  régime  qui en fait  ce qu’il veut dans son  agitation  désespérée  destinée  à assurer sa survie. Rien  ne fonctionne normalement  dans ce  qui reste  de l’Armée Nationale.

Le mérite et  la valeur professionnelle sont relégués  aux oubliettes. Pire, ces atouts, qui sont récompensés  dans toute organisation qui se respecte, constituent ici  un handicap. Ils attirent la méfiance de la hiérarchie et finissent par coûter cher à ceux qui  en sont soupçonné. La compétence  devient  malchance, le positif se transforme en négatif,….et le premier se relègue en dernier. Il s’est  opéré un tel renversement  des valeurs dans l’armée  que les meilleurs  n’y ont  plus leur  place. Et  les meilleurs  sont généralement   les plus jeunes  dont  le niveau  culturel, d’étude et la formation professionnelle  sont tout à fait  satisfaisants, si satisfaisants  qu’ils n’ont rien  à envier  aux cadres  des armées  les plus avancées du monde  qu’ils ont  d’ailleurs  souvent  côtoyé  dans les académies. L’Ecole spéciale Militaire de Saint-Cyr en France, Académie Royale Militaire de Meknes au Maroc, centres américains d’instruction militaire ou technique etc…..nombreuses prestigieuses écoles reçoivent  nos jeunes officiers, sur concours ou non !

Malheureusement, l’enthousiasme initial retombe  dès le retour  au pays , pour céder la place à une profonde  déception .Le jeune officier atterrit  dans une institution aux antipodes de ce qu’il a imaginé , ou la vie est réglée  par des considérations bassement claniques (ethnies) et ou la capacité à plaire au chef  à se mouler dans le ‘’système’’(tendre l’oreille et balancé les collègues) comme on dit , avec ce que cela suppose de dégradation et d’avilissement , prime la compétence et le sérieux .Très vite , le jeune cadre , qui continuera à porter ses galons d’Aspirant ou Lieutenant , se rendra compte que sa formation pointue n’ a pas sa place ici .Il s’est trompé de porte , et l’éventail du choix qui lui reste n’est pas vaste: se soumettre ou se démettre. Ce qui revient, dans un cas comme l’autre, à accepter d’avoir échoué. Le rêve est brisé d’une belle carrière au service de la patrie dans une institution respectable et respectée.

Cependant en dépit de ces conditions  particulièrement  décourageantes, malgré l’emprise  du système, tous ne partent pas ni ne se renient pas, il a même  beaucoup qui décide de lutter  à l’intérieur  dans l’espoir de changer les choses  par l’exemple. Exemple de rigueur, de compétence mais aussi exemple d’amour pour la patrie et l’humanité. Ceux-là soutiennent  un pari  difficile  aux risques  énormes. Car ils rappellent  comme ça devait être et cela gêne beaucoup, ne serait-ce  que  par  leur seule présence. Ils se retrouvent vite dans le collimateur  et font connaissance avec la seule compétence des hommes du ‘’système’’ : Sanctions arbitraires, pas d’avancement, brimades, suspension de salaire, arrêt à domicile, déconsidération etc….tous les moyens  sont bons pour abattre ces ‘’têtes  brulées’’ qui ont dit non au ‘‘système’’. Et ainsi punir le mérite.

Singulière logique  donc, qui a encore fait un victime de plus .C’’est en effet  dans cette logique qu’il faut placer la mesure  de suspension jusqu’à nouvel  ordre  du numéro deux du détachement de l’ISBRIG installé en Ethiopie , le Colonel Abdoul-jabar Hassan Ibrahim  qui est parmi le premier Djiboutien diplômé de l’école militaire Saint-Cyr en France, suite à son refus de réceptionner les vieux matériaux de guerre destiné aux Deuxième  détachement de l’armée Djiboutienne qui doit  partir  en Somalie bientôt.

Au mépris  de sa valeur  professionnelle et des services rendus, il a été, sur décision verbale du général Zakaria, mis à l’arrêt dans sa maison. Qu’il  ait refusé le nivellement par le bas constitue  un motif assez grave pour ….A l‘image de l’Etat,

Toutes les jeunes Officier attendent impatiemment la chute de ce régime et l’instauration d’un état de droit et respecté.

L’Armée aussi est à libérer !

Par Saad Ali Awaleh

 


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