Djibouti/Somalie : La branche Habar-Awale/Isaaq de la mafia djibouto-somalienne et sa connexion avec les islamistes de la Corne.

Djibouti/Somalie : La branche Habar-Awale/Isaaq de la mafia djibouto-somalienne et sa connexion avec les islamistes de la Corne.

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Le président de la République de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, est le chef de famille ou parrain de la mafia djiboutienne avec ses ramifications en Somalie, Éthiopie, Tanzanie, Yémen et Turquie. Son épouse, madame Kadra Mahamoud Haïd, et la madone ou marraine de cette mafia qui prospère et coiffe différents petits gangs de la Corne et de la péninsule arabique. Le patron prend toutes les décisions importantes et l’argent de l’entreprise criminelle lui revient. L’autorité du patron est nécessaire pour résoudre les différends et garder tout le monde en ligne. Pour faire fonctionner leurs business criminels, le parrain et la marraine ont sous leur autorité une myriade d’exécutants dont les rôles varient en fonction de leurs positions dans la politique, les business officiels, les forces en uniformes, l’administration et le système étatique en général. Parce qu’à Djibouti et en Somalie, la mafia ne peut faire long feu sans la couverture de l’état.

Juste en dessous du parrain et de la marraine se trouve les underboss. Le sous-patron est le commandant en second, bien que la quantité de pouvoir qu’il exerce puisse varier. Certains sont préparés à remplacer le patron s’il est âgé ou risque d’avoir des pépins.

Sous le underboss se trouvent plusieurs capos. Le nombre de capos varie en fonction de la taille de la mafia. Un capo agit comme un lieutenant, dirigeant sa propre section de la mafia. Il a des activités spécifiques qu’il exploite. Le territoire du capo peut être défini en fonction de la géographie ou des activités dont il a la responsabilité. Le « sale boulot » est fait par les soldats. Un soldat est le rang le plus bas parmi les hommes faits. Ils font partie de la mafia, mais ils ont peu de pouvoir et gagnent relativement peu d’argent. Le nombre de soldats appartenant à un capo donné peut varier énormément.

En plus des soldats, la mafia utilisera des associés. Les associés ne sont pas de véritables membres de la mafia, mais travaillent avec des underboss, des capos ou des soldats de la mafia sur diverses entreprises criminelles. Un associé est tout simplement une personne qui travaille avec la foule, y compris un revendeur d’armes, un avocat, un banquier d’affaires, un officier de police, un officier de l’armée, un administrateur ou un politicien. Il existe une autre position au sein de la mafia qui est quelque peu légendaire, le consigliere (conseiller). Le consigliere n’est pas censé faire partie de la hiérarchie de la mafia. Il est censé agir en tant que conseiller et prendre des décisions impartiales fondées sur l’équité plutôt que sur des sentiments personnels ou des vendettas. Il joue le rôle du conseiller ou conseillère du parrain ou de la marraine avec un regard diffèrent de celle des réseaux de la mafia.

La branche Habar-Awale/Isaaq de la mafia djibouto-somalienne :

La branche Habar-Awale/Isaaq de la mafia djibouto-somalienne était dirigée par feu Djama Mahamoud Haïd, ex-gouverneur de la banque centrale de Djibouti et frère de l’épouse de l’actuel président de Djibouti. Cette branche était spécialisée dans les blanchiments de l’argent ce qui a fait l’apparition à Djibouti et Hargeisa des businessmans, en majorité Habar-Awale/Isaaq, avec les coups de Paquette magiques de Guelleh. Ces businessmans deviennent riches en quelques mois et reçoivent facilement des contrats juteux à Djibouti et en Somaliland. Avant de devenir riches, ces businessmans Habar-Awale/Isaaq doivent jouer les rôles de soldats puis de capos dans la mafia précitée. En gagnant la confiance du couple Guelleh/Kadra, ces businessmans Habar-Awale/Issaq peuvent devenir des mini boss avec leurs réseaux et continuer à travailler avec la maison mère en qualité d’associés. Cette branche Habar-Awale/Issaq de la mafia djibouto-somalienne est sortie de son cadre habituel et commence à diversifier ses activités parce que le parrain et la marraine comptent leur confier un pouvoir plus important.

Underboss:

Dans les business l’Underboss le plus visible est Mohamed Said Guedi, patron de MSG Group et de Somcable qui fut construite avec l’argent de Djibtélécom (société de télécommunication de l’état de Djibouti). Ce businessman Habar-Awale/Isaaq est passé en un clair de temps de vendeur de deux ballots de friperies au propriétaire de la société de télécommunication « Somcable ». C’est Djama Mahamoud Haid qui l’avait recruté pour superviser les trafics de l’essence et d’alcool entre le Yémen et la Somaliland. Il gère aujourd’hui des sociétés appartenant au couple Guelleh/Kadra et perçoit 50 % des bénéfices de ces sociétés. Tellement que la madone de la mafia lui fait confiance, Mohamed Saïd Guedi fait partie des hommes que le couple dirigeant la mafia a chargé la gestion des trafics d’armes vers Mogadiscio et les médicaments destinés à l’Iran.

Il existe un Underboss dans l’administration, Hassan Issa Sultan, l’Inspecteur général d’État de Djibouti, un Habar-Awale/Isaaq comme Kadra Mahamoud Haid. Il est membre du conseil d’administration du Port de Doraleh. Or, la loi est claire sur ce sujet : « les responsables ou cadres de la chambre des comptes ne peuvent ou ne doivent être mêlés dans des intérêts qui peuvent influencer leur impartialité ». Hassan Issa Sultan est boss non-déclaré du port de Doraleh. Il est derrière la destitution du directeur Warsama Hassan Ali en avril 2018. Warsama Hassan Ali (clan Fourlaba/Issa) a été nommé par décret présidentiel le 22 février 2018 et remplacé par Abdillahi Adaweh Sigad (Fourlaba/Issa) sur le décret président n° 2018-136/PRE/2018 le 8 avril 2018. Le Directeur General du port de doraleh (SGTD) sera réintégré dans de ses fonctions antérieurs directeur commercial. La seule faute de Warsama a été sa curiosité. Il posait trop des questions sur des activités louches au port et a voulu résoudre les disfonctionnements constatés mais le ménagement de Warsama ne collait pas avec les activités de la mafia Djibouto-somalienne. L’actuel directeur du port de Doraleh – SGTD, Abdillahi Adaweh Sigad (Fourlaba/Issa), est l’homme de l’Underboss Hassan Issa Sultan.

Les capos:

La député Safia Elmi Djibril, membre du RPP de quartier 7, fait partie des parlementaires cooptés à l’assemblée nationale à l’élection législative de 2013. Elle fut avant responsable du centre mère et enfant. Madame Safia a depuis 2017 un rôle grandissant dans la mafia djibouto-somalienne. Elle est chargée du recrutement des personnels au port de Doraleh alors qu’elle n’a aucun titre officiel dans cet établissement portuaire de Djibouti. Elle a recruté des pompistes, des infirmiers, des superviseurs, chauffeurs et ouvriers en Somaliland. Ces travailleurs venus de la Somaliland n’ont aucune notion du fonctionnement du port, ne s’exprime pas en français (la langue de travail à Djibouti), et parlent un anglais approximatif. Un travailleur djiboutien du port est chargé de coacher chaque groupe de 5 individus de ces recrus de la mafia. Ces recrus ramenés de la Somaliland, quand ils parlent de Mohamed Said Guedi et Safia Elmi Djibril, ils les appellent « Aabo et Hooyo » qui signifie en langue somalie « papa et maman ». Les recrus précités touchent de salaires deux fois plus importants que ceux des travailleurs djiboutiens du port de Doraleh. Un pompiste recruté par Safia de la Somaliland perçoit un salaire de 270 000 fdj (soit 1600 dollars US). Safia a même la capacité de placer au poste qu’elle veut à un de ses recrus. Autre cas important, Safia a commencé à constituer un réseau de renseignement composé des Habr-Awale/Isaaq et elle compte monter en grade dans la mafia. Elle a commencé aussi à se faire des liens solides chez les issas. Elle a embauché au port de Doraleh quelques jeunes du clan Saad-Moussa/Issa et surtout des jeunes pro UDJ.

Un autre capo du port de Doraleh, en l’occurrence monsieur Ahmed Youssouf Omar Dit Hargo, du clan Habar-Awale/Isaaq, directeur financier du port de Doraleh Container Terminal — SGTD. Il dépend directement de Kadra Mahamoud Haid et de Hassan Issa Sultan. Il a l’ordre de travailler en étroite collaboration avec Safia Elmi Djibril et Mohamed Said Guedi.

Les soldats:

Monsieur Houssein Ahmed Houssein, chef du terminal pétrolier Horizon, du clan Habar-Awale/Isaaq, est un soldat qui espère grimper d’un étage dans la mafia djibouto-somalienne dirigée par le couple Guelleh/Kadra. Houssein Ahmed fut un interprète auprès de la base américaine avant de devenir chef au port du Doraleh. Il fut recruté pour sa connaissance des fonctionnements de l’armée américaine basée à Djibouti et sa disponibilité à travailler aux ordres du couple. Guelleh et Tommy Tayoro Nyckoss lui ont donné la chance d’être le consul honoraire de la Guinée équatoriale à Djibouti. Vu que la Guinée équatoriale joue un rôle important dans les trafics de la drogue entre l’Amérique latine et l’Afrique, Djibouti serve déjà une connexion tenue le gendre de Guelleh, le patron d’Ivory Jet, Tommy Tayoro Nyckoss, une société crée avec l’argent public.

Le chef de la sécurité du port de Doraleh, un neveu de feu Ali Mawel, est un ex-lieutenant de l’armée nationale djiboutienne qui avait fait une demande d’asile en Suède. Il a raconté aux Suédois qu’il a fui l’armée parce qu’on lui avait recommandé de massacrer les afars au nord du pays. Et aujourd’hui après avoir obtenu la nationalité suédoise il retourne au pays servir la mafia djibouto-somalienne de Guelleh/Kadra.

Les consiglieres:

Le Secrétaire général du Gouvernement, Mohamed Hassan Abdillahi, joue le rôle de consigliere dans la mafia de Guelleh/Kadra sans oublier que la madone est sa cousine clanique.

La connexion avec les islamistes :

D’abord, tout un trafic destiné aux marchés de la Somalie transite par le port de Doraleh. Les plus intéressants sont les armes destinées à Al-shabab dont les six camions bourrés d’armes arrêtés à Galmudug le 3 novembre 2018 avaient quitté le port de Doraleh. Les chauffeurs de ces camions travaillaient pour Mohamed Saïd Guedi.

En Turquie, la madone, Kadra Mahamoud Haïd, dirige un réseau qui s’occupe des relations avec des organisations islamistes de la région, telle qu’un groupe islamiste opposé à l’Érythrée, qui à bénéficier du soutien de la mafia djibouto-somalienne. Ce groupe islamiste opposé à l’Érythrée a des représentants en Turquie dispose des contacts avec un certain Moktar Mohamed Mahamoud, détaché à l’ambassade de Djibouti à Istanbul. Monsieur Moktar Mohamed Mahamoud qui vit à Djibouti avec des faux documents d’identités, c’est-à-dire les pièces d’identité du frère décédé du ministre de l’Éducation nationale, se nomme en réalité Osman Omar Farah. Ces réseaux de Kadra Mahamoud Haïd en Turquie fait transiter les produits du trafic par le port d’Izmir. C’est par ce port qu’avait chargé un cargo turc battant pavillon tanzanien, chargé de 29 containers d’explosifs et d’autres matériaux. C’est une brigade d’opérations spéciales grecque qui a saisi le navire et a arrêté l’équipage du cargo composé de huit personnes, qui comprenait deux ressortissants ukrainiens, cinq ressortissants indiens et un Albanais, dans les eaux grecques au large d’Agios Nikolaos, en Crète, le lundi 8 janvier 2018. Le navire enregistré auprès de l’organisation maritime internationale sous le code « IMO : 7 614 666 » n’est pas inconnu dans les ports djiboutiens. D’après des sources djiboutiennes du secteur maritime, le navire avait officiellement annoncé quitter le port d’Izmir, en Turquie, le vendredi 24 novembre 2017 à 3 h 35 min heure GMT et était attendu à Djibouti le mercredi 20 décembre 2017 à 3 h du matin GMT.

D’autres évènements bizarres au port de Doraleh :

Les systèmes informatiques tombent en panne chaque fois que des containers ou d’importantes marchandises arrivent au port. Il s’agit surtout des containers appartenant aux Américains et Japonais. Dans notre enquête, nous avons eu trois réponses différentes pour ces pannes contrôlées du système informatique :

1 — La mafia fait disparaitre des données pour détourner des millions de recettes qui devaient finir dans les comptes de l’état ;

2 — le colonel Mohamed Djama Doualeh, commandant de la garde républicaine de Djibouti, profite du moment pour contrôler les containers des Américains et des Japonais pour le compte de ces amis chinois ;

3 — Fausser les données pour faire croire que le port de Doraleh a fait plus de bénéfice et d’activité qu’au moment de la présence de DPWORLD.

À suivre…

Dans des prochains articles nous aborderons la branche Habar-Awale/Isaaq de la mafia Djibouto-somalienne dans les milieux des hommes en uniforme et la finance.

Hassan Cher


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Authored by: Hassan Cher Hared

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