Ethiopie : l’inquiétude augmente face à la crise humanitaire dans la vallée inférieure de l’Omo

OMO

Des personnalités politiques européennes et américaines unissent leurs voix à l’inquiétude internationale concernant le barrage de Gibe III et les plantations irriguées qui lui sont associées. Ces projets auront un impact catastrophique sur l’une des régions du monde les plus riches culturellement et en matière de biodiversité.

La vallée inférieure de l’Omo en Ethiopie et le lac Turkana au Kenya, abritent un demi-million d’autochtones ainsi que de célèbres sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le député européen Andrea Zanoni a saisi le Parlement européen sur la question des violations des droits de l’homme relatives à ces projets, dénonçant l’implication de la compagnie italienne Salini Costruttori qui construit le barrage Gibe III dans la vallée inférieure de l’Omo.

Lord Jones, un parlementaire britannique, a interrogé le Parlement britannique concernant l’utilisation des fonds octroyés par le Département britannique du développement international (DfID) employés pour financer les expulsions forcées des tribus. Il a été suivi par un autre membre du Parlement, Mark Durkan qui s’est directement adressé au DfID.

International Rivers a publié une vidéo montrant les risques hydrologiques que font courir à la région le barrage de Gibe III, associé aux plantations de canne à sucre, de coton et de palmiers à huile.

Les peuples de l’Omo

Dans la vallée de l’Omo vivent de nombreuses tribus d’agriculteurs et éleveurs semi-nomades : Hamers, Mursis, Turkana, Karos, Surmas, Bume, Galeba, Dassanetchs, Bèrber, Bodis, Nyangatom, etc.

Le rivière Omo

L’Omo est une rivière éthiopienne, longue de 760 km, qui se jette dans le lac Turkana par un delta. Elle prend sa source au sud-ouest d’Addis-Abeba et se fraie un chemin tortueux dans le plateau éthiopien. Ses méandres s’élargissent près de la frontière kényane, à mesure que le paysage s’aplanit. Les crues de l’Omo sont essentielles pour les cultures.

Ces projets engendreront également un coût humain considérable avec un impact dévastateur sur la pêche, les pâturages et les systèmes agricoles sophistiqués dont dépendent les peuples indigènes de la région.

Human Rights Watch a conçu des cartes numériques à partir d’images satellite qui montrent la progression rapide de l’accaparement des terres.

Survival et d’autres ONG ont dénoncé à plusieurs reprises l’expulsion forcée de centaines de Bodi et Kwegu de leurs territoires ancestraux et leur déportation dans des camps de relocalisation, le gouvernement s’emparant de leurs meilleures terres agricoles pour les convertir en de lucratives plantations de canne à sucre.

Les acteurs de l’aide internationale telle que l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et le DfID ne se sont jamais inquiétés de la crise qui sévit dans la région malgré les rapports circonstanciés dont ils ont eu connaissance sur les graves exactions qui y sont commises.

Le mois dernier, le Congrès américain a toutefois dénoncé l’aveuglement de l’USAID concernant la situation en prenant des mesures légales afin que l’argent des contribuables américains ne soit pas utilisé pour financer les réinstallations forcées dans la vallée inférieure de l’Omo.

Le gouvernement britannique n’a cependant pas encore promis de garanties similaires et n’a pas non plus annoncé s’il appliquerait ses ‘Pratiques et principes de bonne conduite relatifs à la relocalisation’.

LIEN : http://www.survivalfrance.org/actu/10098

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