Djibouti: Arrestations et détentions arbitraires de militants du Mouvement des Jeunes de l’Opposition (MJO) dans le cadre…

mjo - 2016Arrestations et détentions arbitraires de militants du Mouvement des Jeunes de l’Opposition (MJO) dans le cadre de la répression pré-électorale de la liberté d’expression.

C’est dans une réalité devenue « banale », où l’impunité est systématique et où la justice reste toujours inaccessible aux victimes que la gendarmerie a effectuées plusieurs arrestations arbitraires, ce vendredi 26 février 2016 vers 18H00 (Djibouti) au centre ville de la capitale. Aussitôt, tous ont été placés en détention dans la brigade Nord de la gendarmerie à la Section Recherche et Documentation (SRD).

Il s’agit de :

1) Fatouma Mahdi Mahamoud (dit Mahado Jano) ;

2) Bilan Guedi Moussa ;

3) Bilan Aden Hassan ;

4) Fathia Bouh Egueh ;

5) Soubaneh Ahmed Osman ;

tous militants de l’opposition USN et membres très actifs du Mouvement des Jeunes de l’opposition (MJO). Leur seul et unique crime est d’avoir pacifiquement exprimé leurs opinions politiques contre le quatrième mandat du président Guelleh et avoir dénoncé la tentative de clonage du MJO par le régime.

Suite à une nouvelle information digne de confiance, faisant état de tortures ayant entraîné, la semaine dernière, le décès d’un jeune père de famille, lors de sa détention pour violences conjugales dans les locaux de la Brigade de gendarmerie 6/7, nous ne pouvons qu’être très inquiets à l’idée qu’ils puissent être entre les mains des gendarmes de la SRD, réputés pour commettre impunément des actes de tortures et autres traitements inhumains ou dégradants, nous craignons pour l’intégrité physique et psychologique de ces jeunes militants, dont nous ignorons toujours les motifs légaux de leur arrestation et les faits invoqués pour justifier leur détention. Nous exigeons des autorités djiboutiennes : leur libération immédiate et sans conditions ; à la cessation immédiate des poursuites et harcèlements violentes aux militants du Mouvement des Jeunes de l’opposition (MJO), mais aussi à l’encontre de toute personne formulant de simples revendications démocratiques.

À ces multiples allégations de décès, de disparitions forcées, de tortures et de traitements inhumains ou dégradants durant les détentions, nous demandons à la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ainsi qu’au Conseil des droits de l’Homme (ONU) de prendre la pleine mesure de la situation plus que dramatique des droits de l’homme en République de Djibouti, dont la gravité, l’échelle et la nature de ces violations révèlent un « État unique » en son genre dans ce monde contemporain : arrestations et détentions arbitraires, recours généralisé à la torture durant la détention, viols, enlèvements, disparitions forcées, violations du droit à l’alimentation et entrave à l’accès humanitaire, situation inhumaine dans les centres pénitentiaires, et la liste est encore longue. Toutes ces violations touchent : toutes voix dissidentes, sans distinction de sexe, d’âge, de situation sociale ou de santé.

Nous exhortons donc la communauté internationale à créer une Commission d’enquête internationale pour la République de Djibouti afin d’enquêter :

• sur toutes les allégations en supra ;

• et sur le massacre survenu à Buldhuqo (périphérique de Djibouti-ville) le 21 décembre 2015, lors duquel les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur une manifestation privé, faisant au moins 29 morts d’après la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH).

Liberté, Démocratie, Justice, Paix et Prospérité pour Djibouti et son vaillant peuple.

Huno Djibouti


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