Afrique de l’Est: Des escrocs somaliens et djiboutiens font main basse sur des banques à Toulouse, en France

banque200 000 € détournés avec de faux comptes

La brigade financière a mis fin à une cavalerie bancaire, à Toulouse. Des étudiants originaires de la corne de l’Afrique ont détourné 200 000 €. Sept suspects ont été arrêtés, quatre ont été incarcérés.

Tout était faux : les bulletins de salaires, les adresses, les certificats de scolarité, les pièces d’identités, les passeports hollandais ou britanniques mais pas les noms… en l’espace de 18 mois, une équipe aux contours encore assez flous a réussi à détourner plus de 200 000 € dans des banques toulousaines. Les spécialistes financiers de la sûreté départementale viennent de mettre un terme à cette cavalerie qui a touché plusieurs établissements bancaires.

Les policiers ont interpellé sept individus, tous originaires de la Corne de l’Afrique, de Djibouti ou de la Somalie. Quatre ont été présentés à la juge d’instruction Florence Bru, mis en examen pour «escroquerie en bande organisée» et incarcérés. Des individus domiciliés à Toulouse dont les enquêteurs de la sûreté ne cachent pas qu’ils sont davantage des exécutants que les véritables maîtres d’œuvre de cette cavalerie bancaire.

Bénéfices disparus et introuvables

Rien de compliqué derrière cette organisation mais une fuite en avant avec des ouvertures de comptes successifs. Ces comptes, dont les formalités d’ouverture étaient entièrement bidonnées sauf, curiosité, pour le nom du titulaire permettaient de récupérer des moyens de paiements, des chéquiers principalement. Des chéquiers utilisés pour approvisionner fictivement d’autres comptes. «Vous déposez un chèque de 15 000 €. Vous retirez l’argent avant qu’il soit réellement sur le compte ou vous le transférez sur un autre compte. C’est une cavalerie, explique un policier de la brigade financière. Le temps que le banquier s’inquiète, vous êtes déjà passé avec vos bénéfices dans un autre établissement.»

L’importante du préjudice «toulousain» ne dissimule pas une organisation de type pyramidale pilotée à distance, peut-être depuis les Pays-Bas ou l’Angleterre et dont les enquêteurs sont persuadés qu’elle ne s’est limitée ni à Toulouse, ni à la France. Quant aux suspects interpellés, si certains paraissent impliqués dans l’organisation, d’autres sont de simples étudiants qui, pour 500 €, effectuaient les démarches d’ouverture de compte, les dépôts de chèques ou les retraits mais n’ont jamais bénéficié des confortables bénéfices.

L’argent détourné a disparu. Les investigations menées ces dernières semaines n’ont pas permis de le retrouver. Les bénéfices ont sans doute été transférés loin de Toulouse, peut-être déjà en Afrique. Et les banques qui ont été escroquées ont peu d’espoir de retrouver leur argent. En revanche peut-être que cette escroquerie incitera les établissements bancaires à renforcer leur contrôle lors des ouvertures de compte et la surveillance de leur gestion qui ont été clairement mis à mal dans cette affaire.


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