Djibouti: La tyrannie d’IOG à la 169 ème position au classement mondial de la liberté de la presse 2014 du RSF

carte liberté d'expression 2014

Reporters sans frontières (RSF) publie son classement mondial de la liberté de la presse 2014. Basé sur 7 indicateurs (le niveau des exactions, l’étendue du pluralisme, l’indépendance des médias, l’environnement et l’autocensure, le cadre légal, la transparence et les infrastructures), il installe encore une fois le même trio de tête : Finlande, Pays-Bas et Norvège. En fin de classement, la Syrie, le Turkménistan, la Corée du Nord, Djibouti et l’Érythrée.

Djibouti était classée en 2013 à la 167 ème position et en 2014 elle a régressée de 2 niveaux et se trouve actuellement à la 169 ème position. La république tyrannique d’IOG défonce le 10 pays le plus catastrophique du monde au niveau de la liberté d’expression et d’opinion.

Derrière le visage bon enfant du président Ismaël Omar Guelleh, IOG comme l’appellent les Djiboutiens, se cache un ancien membre de la police coloniale française bridant les libertés politiques et publiques et maintenant un secteur des médias monolithique. Le chef de l’Etat a entamé un troisième mandat en avril 2011, à l’issue d’une élection présidentielle partiellement boycottée par l’opposition. Sous son règne, le pays s’est peu à peu fermé au monde et à la critique. L’ONG International Democracy, venue mener une mission d’observation, a d’ailleurs été expulsée du pays peu avant l’élection, en mars 2011.

Djibouti est un trou noir médiatique. Et pour cause, les journalistes étrangers sont indésirables et l’Etat détient le monopole de l’information nationale à travers une presse publique omniprésente et à la solde du régime. Les uns après les autres, les journaux d’opposition ont tous été fermés, sur décision judiciaire ou à cause des techniques d’asphyxie économique utilisées par le gouvernement pour museler les médias. Le Renouveau, bulletin du parti MRD (Mouvement pour le renouveau démocratique et le développement) a dû fermer en mai 2007 après plusieurs mois de harcèlement. Les seuls médias tolérés, la Radio Télévision Djiboutienne et La Nation (Al Qaran pour la version arabophone), contrôlés par le ministère de la Culture et de la Communication, et Le Progrès, bulletin du RPP (Rassemblement populaire pour le progrès – au pouvoir), prêchent des prises de positions partisanes.

La loi sur la Liberté de la Communication, adoptée en 1992, pose en elle-même un défi à la liberté d’expression, au journalisme d’investigation et au pluralisme médiatique. Elle prévoit des peines privatives de liberté en cas de délit de presse ainsi que des contraintes d’âge et de nationalité pour créer un média. Attendue depuis 1992, la Commission nationale de la communication, organe censé attribuer les licences de radio et de télévision, n’a toujours pas vu le jour. En janvier 2005, l’émetteur FM de Radio France Internationale (RFI) dans la capitale a été fermé après la diffusion de reportages sur l’assassinat, en 1995, du juge français Bernard Borrel. RFI continue cependant d’émettre en ondes courtes. Les radios BBC et Voice of America sont, quant à elles, toujours accessibles, mais diffusent peu de reportages sensibles sur Djibouti. Le taux de pénétration d’Internet reste très faible, mais Facebook est assez populaire auprès des internautes.

Djibouti est un carrefour hautement stratégique de la région. Vu ses atouts économiques et politiques, il est facile de détourner les yeux de la dictature d’Ismaïl Omar Guelleh en place depuis 1999. Sous son règne, le pays s’est peu à peu fermé au monde et à la critique. La liste des journalistes emprisonnés et torturés ne cesse de s’allonger. Les libérations ne sont jamais que provisoires. En atteste le cas de l’opposant et journaliste Daher Ahmed Farah, incarcéré à cinq reprises et arrêté douze fois depuis son retour d’exil en janvier 2013.

La notion de médias indépendants est étrangère au pays. Le seul organisme de radiodiffusion national, Radio-Télévision Djibouti, se fait le porte-parole du gouvernement. Les quelques journaux d’opposition ont disparu du paysage médiatique au fil des ans.

Deux journalistes de la radio indépendante La Voix de Djibouti, qui émet depuis l’Europe, ont été emprisonnés en l’espace de douze mois.

RSF

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