Soudan du Sud : des massacres de civils auraient eu lieu en avril 2014, selon l’ONU

crimes_de_guerre_au_Soudan_du_SudLes forces armées de l’opposition au Soudan du Sud auraient tué des centaines de civils le 15 avril 2014, après avoir repris le contrôle aux forces gouvernementales de la capitale de l’État d’Unity, Bentiu, indique un nouveau rapport rendu public vendredi par la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUSS).

Elaborée par la Division des droits de l’homme de la MINUSS, cette étude de 33 pages fait également état du meurtre de dizaines de civils par un groupe d’hommes armés ayant attaqué le 17 avril le site de protection des civils de la Mission dans les environs de capitale de l’Etat de Jonglei, Bor.

Fondé sur la collecte et l’analyse de preuves matérielles par les experts des droits de l’homme de la MINUSS et sur des entretiens réalisés avec 142 sources différentes, le rapport conclut qu’il existe des motifs raisonnables de penser qu’au moins 353 civils ont été tués et 250 autres blessés dans les deux attaques.

Le rapport constate également qu’à Bentiu comme à Bor, les victimes ont été délibérément prises pour cible sur la base de leur appartenance ethnique, de leur nationalité ou de leur soutien supposé à l’une des parties au conflit.

Près de neuf mois après les attaques, aucun auteur n’a été tenu pour responsable par le Gouvernement de la République du Soudan du Sud ou par les forces de l’Armée/Mouvement populaire de libération du Soudan dans l’opposition.

Selon le rapport, au moins 287 civils ont été tués dans une mosquée de Bentiu par les forces de l’opposition après qu’elles ont repris le contrôle de la capitale de l’État d’Unity, dans la matinée du 15 avril. Nombre d’entre les victimes étaient des commerçants soudanais et leurs familles, pris pour cible en raison de leur provenance du Darfour. Au moins 19 civils ont été tués à l’Hôpital civil de Bentiu ce même jour, souligne le rapport de la MINUSS.

Deux jours plus tard, précise le rapport, dans la matinée du 17 avril, un groupe d’hommes âgés de 20 à 40 ans s’est présenté aux portes du camp de la MINUSS pour exiger l’expulsion de jeunes gens issus de l’ethnie Nuer de la Mission. Le groupe est ensuite entré de force à l’intérieur du site protégé et a procédé à l’exécution, au saccage, au pillage et à l’enlèvement de dizaines de personnes déplacées. Au moins 47 d’entre elles ont péri dans l’attaque, indique le rapport, selon lequel tout porte à croire que l’attaque était planifiée à l’avance.

Le rapport contient également une série de recommandations appelant toutes les parties à la crise au Soudan du Sud à mettre immédiatement fin aux hostilités et aux violations flagrantes des droits de l’homme ainsi qu’à respecter l’inviolabilité du personnel et des locaux des Nations Unies.

« La MINUSS condamne fermement les meurtres et les déplacement répétés des civils sur la base de leur identité ethnique près de neuf mois après les événements d’avril 2014 », a déclaré dans un communiqué rendu public à l’occasion de la sortie du rapport la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies au Soudan du Sud, Ellen Margrethe Loej. « Nous appelons les parties à mettre fin à la violence et à mener des enquêtes complètes et crédibles sur les allégations de violations afin que les auteurs soient tenus pour responsables ».

onu news


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