Soudan du Sud : la population fuit les combats près de Bentiu

sud soudanLe Soudan du Sud, indépendant du Soudan depuis juillet 2011, est ravagé par les combats depuis le 15 décembre.

Les affrontements ont d’abord opposé des unités de l’armée loyales au président sud-soudanais Salva Kiir et d’autres fidèles à l’ex-vice président Riek Machar, limogé en juillet. Puis les combats ont dégénéré, la rébellion menée par M. Machar fédérant désormais une alliance hétéroclite et fragile de commandants de l’armée mutins et de milices ethniques.

L’armée sud-soudanaise affrontait jeudi les rebelles de l’ex-vice-président Riek Machar près de la capitale régionale Bentiu, qu’elle tente de reprendre et où les habitants fuient à mesure que les affrontements se rapprochent.

« Il y a toujours des affrontements dans l’Etat d’Unité », Etat pétrolier du nord du pays et dont Bentiu est la capitale, a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’armée, Philip Aguer. « Nous sommes près de Bentiu ».

« Nous nous attendons à des combats (à Bentiu) d’un moment à l’autre », a confié un habitant sous couvert d’anonymat, ajoutant que les gens commençaient à fuir, soit pour rentrer se mettre à l’abri dans leurs villages d’origine, soit pour trouver refuge auprès des Nations unies.

En déplacement à Bentiu, le chef des opérations humanitaires de l’ONU au Soudan du Sud, Toby Lanzer, a fait état de pillages, notamment dans le marché. Dans le centre-ville, « il n’y a pratiquement plus aucun civil », a-t-il ajouté sur Twitter, indiquant que des centaines de personnes avaient trouvé refuge auprès de l’ONU.

Le président accuse son rival et ses alliés de tentative de coup d’Etat. Riek Machar dément, accusant Salva Kiir de chercher purement et simplement à éliminer ses rivaux.

La rébellion menée par Riek Machar s’est emparée de Bentiu dès la première semaine des affrontements.

L’Etat d’Unité, qui concentre une large partie des champs pétroliers sud-soudanais, est stratégique. Mais les combats font aussi rage dans d’autres parties du pays, notamment près de Bor, capitale de l’Etat du Jonglei (est) où un porte-parole des rebelles, Hussein Mar Nyuot, a de nouveau accusé jeudi l’Ouganda, qui a déployé son armée au Soudan du Sud pour évacuer ses ressortissants, de prendre activement part aux combats et même de « tuer (d’)innocentes personnes ». Kampala dément ces accusations.

Pressions internationales

Le gouvernement et les rebelles ont entamé lundi des pourparlers dans la capitale éthiopienne Addis Abeba pour tenter d’instaurer un cessez-le-feu.

Mais ces discussions buttent pour l’instant sur l’éventuelle libération de détenus proches de la rébellion arrêtés aux premiers jours des combats.

La délégation rebelle à Addis Abeba fait de leur libération une condition préalable au cessez-le-feu, ce que refuse Juba, affirmant qu’ils doivent comme tout accusé passer par le processus judiciaire normal.

Le département d’Etat des Etats-Unis, parrains de l’indépendance du Soudan du Sud en 2011 et le principal soutien du jeune pays depuis, a ouvertement pris position sur la question mercredi, appelant à la libération immédiate des détenus pour qu’ils puissent participer aux pourparlers d’Addis Abeba.

Mais l’envoyé spécial de Washington au Soudan du Sud, Donard Booth, a ensuite martelé que cette libération ne devait pas être une condition préalable à la fin des combats. « La première chose, la chose la plus cruciale est de cesser les hostilités », a-t-il dit à l’AFP à Addis Abeba.

Copyright © 2013 AFP.

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