Djibouti : En Hommage à Moulouko,la soeur de KARAF assassiné par Guelleh

Houssein Ibrahim Houmed dit housseinphiloEn Hommage à Moulouko,la soeur de KARAF assassiné par Guelleh
A toutes les victimes de la dictature djiboutienne

Fini le temps où le tyran Ismael Omar Guelleh colonisait les consciences est révolu. Fini le temps où le dictateur de Diré-Dawa s’incrustait dans la vie privée de chaque djiboutien: c’est désormais du passé. Fini le temps où le peuple djiboutien abdiquait devant le Führer: c’est désormais un lointain souvenir face aux résistances qui s’organisent sur le terrain et qu’il ne contrôle plus!

Ismaël Omar, cet accident de l’histoire, est une machine à tuer, congénitalement programmé pour assassiner, massacrer, écraser tout sur son passage à commencer par les plus belles fleurs de la nation Djiboutienne : Hafez, Sahal, Hasna, Rayaleh…! Le criminel de Diré-Dawa n’a épargné personne dans sa vie, à commencer par ses proches, les Mamassanes. C’est son plaisir, sa jouissance, sa passion.

Le cas de Karaf, ce commissaire de la SDS et la façon dont il a été exécuté, est particulièrement émouvante comme l’ont été aussi toutes ses victimes Afars, Gadaboursis et issas.

Karaf, c’est ce commissaire de la SDS-service secrets djiboutiens- qui s’est retrouvé avec plusieurs coups de couteau à la gorge et dans la nuque parce qu’il aura eu le courage de dire non à ses crimes, parce qu’il a voulu que cette cabale contre les djiboutiens cesse et parce qu’il n’a pas voulu être complice de toutes ces souffrances indicibles.

Mais il a oublié qu’en s’opposant à Guelleh, son sort était « scellé ». J’emprunte délibérément cet adjectif qui fait partie du vocabulaire de Guelleh, cet adjectif qu’il utilisera durant son intervention télévisé pour faire comprendre au peuple Djiboutien que le sort du Général de Division Yacin YABEH GALAB, son ami de 401 ans, était définitivement scellé. Il ne la cachait pas, il démontrait encore une fois le monstre qui l’habitait, le monstre qu’il était tout simplement.

Le Général Yacin Yabeh Galab est mort parce que Guelleh le sanguinaire l’a désiré, parce que Guelleh l’a programmé et parce que Guelleh devait se debarasser: Yacin Yabeh était devenu encombrant, il fallait l’exécuter…

Karaf, un Djiboutien Mamassane pourtant a subi le même destin, quelques années plus tôt. Le grand homme, le brave, le clairvoyant, le sincère, le courageux, le tireur d’élite, l’intellectuel de la SDS s’est fait poignardé au niveau de la nuque et de la gorge. Histoire incroyable, le sang s’était figé dans nos veines en apprenant cette tragédie! Invraisemblable récit que Guelleh voudra faire vendre mais la pilule ne passe pas !

Du reste Karaf, mortellement aura à peine atteint le dispensaire de Farahad pour demander secours et assistance. Mais il est trop tard. Il a perdu trop de sang. Il va mourir ! il dira tout de même qu’Ismaël Omar l’a tué. Comme Rayaleh, pas d’autopsie, il faut l’enterrer à la va-vite: « Moulouko peut pleurer autant qu’elle veut, autant qu’elle voudra » a déclaré Ismael Omar venu assister à son enterrement. Quelle cruauté! Quelle avidité! Quel cynisme! IOG n’est pas un enfant de coeur, il est inhumain comme Kadra Haid, sa maléfique compagne!

Lorsque la dépouille a été ramenée à son domicile de Balbala, enveloppée d’un drap couvert de sang, le visage déformé et donc méconnaissable à cause des innombrables coups de couteaux, on ne pouvait qu’imaginer le caractère ignoble de ce crime, la barbarie signée Guelleh: il n’y avait que Moulouka pour pleurer sa mort, Moulouka la sœur aînée, la soeur adorée, la soeur à qui il venait d’enlever le seul être cher qu’elle a pu avoir en ce monde: KARAF n’était plus de ce monde.

KARAF est mort, tout devenait amer. Rien n’avait plus de sens. Moulouko est déboussolé, la terre tourne. Elle ne trouvait plus de force, elle ne trouvait plus d’énergie pour pleurer. Elle devenait pour un instant aphasique. Ajouté à cela, la présence des forces de répression qui ne la laisseront pas profiter des derniers instants des adieux puisqu’ils vont l’enterrer à la va-vite comme le Professeur RAYALEH.

Moulouko, impuissante face à ce crime odieux, à ce crime lache, aurait poussé un cri tel que tout le quartier Cheik Osman se précipita chez elle. Il était déjà minuit et de sa voix lancinante, en sanglots, elle accusait directement Ismaël Omar Guelleh comme le commanditaire direct de ce crime barbare.

KARAF, son défunt frère, le frère aimé, le confident, lui aurait confié, quelques jours plutôt, que Guelleh préparait son assassinat, qu’il était prêt à se défendre, qu’il ne pouvait plus se séparer de son arme, qu’il n’avait plus qu’à appuyer sur la détente pour faire feu au cas où… Mais un lâche comme Ismaël Omar a toujours raison contre les braves ! KARAF a payé le prix. Là réside l’ironie de l’histoire.

KARAF, le djiboutien, l’homme intègre, l’enfant du pays était pourtant armé. On imagine sans mal que le tueur devait être un de ses proches, un de ses collègues, un de ses frères d’armes : il est connu aujourd’hui, il s’appelle tristement Hassan Said Khaireh, un homme tristement célèbre qui aurait mérité sa promotion suite à l’exécution de cet acte ignoble.

En assassinant KARAF, Ismael Omar venait de violer non seulement le Xeer Issa, qui défend ce postulat selon lequel « un issa ne tue pas un issa » mais il apportait un démenti flagrant à ce beau principe que des idéalistes et des tribalistes sans foi tentent d’ériger en norme. Pour Guelleh, le Xeer Issa n’est qu’une élucubration abstraite sur la pédagogie abstraite!

Je vous laisse imaginer les conditions dans lesquelles il a exécuté froidement et avec la complicité de ses interahamwes, Hasna Mohamed Ali, à Hafez Mohamed Hassan, à Sahal Ali Youssouf, Mohamed Elmi Rayaleh, Mohamed Hassan dit « Diable », les Gadaboursis morts asphyxiés à la brigade de recherche, les civils d’Arhiba du 18 décembre 1991, les milliers d’afars du Nord et du Sud, Yacin Yabeh Galab, Abdi Bogoreh, Camus, Omar Barreh, bref le peuple djiboutien tout simplement.
Ismaël Omar Guelleh, ce vampire djiboutien, cet accident de l’histoire doit être jugé devant la Cour Pénale Internationale. Et ce moment est arrivé…

Houssein IBRAHIM HOUMED

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