Djibouti: DIX ACTIONS POUR LUTTER ACTIVEMENT CONTRE LA CORRUPTION A DJIBOUTI.

stop corruptionLa lutte contre la corruption à Djibouti est une question de survie « nationale » car les enjeux actuels sont tellement importants que cette pratique néfaste risquerait de plonger notre pays dans un cycle infernal de régression économique.

Avec la saturation du taux d’endettement ayant atteint le seuil critique avec plus de 60% du PIB national et les lourds investissements injectés n’ont jusqu’à ce jour pas portés les fruits escomptés en terme de lutte contre le chômage et de réduction de la pauvreté.

Malgré une croissance économique soutenue de l’ordre de 4 à 5%, notre pays a du mal à résorber de façon efficiente les répercussions des aléas conjoncturels négatifs conjugués d’une part par la crise financière mondialisée et d’autre part par une sécheresse endémique conséquente du réchauffement climatique.
Mais aujourd’hui que les indicateurs macro-économiques sont de nouveau au vert grâce à la reprise des investissements directs Étrangers (IDE) qui étaient longtemps gelés pour cause de crise financière planétaire. Pour bien accompagner cette reprise de la croissance, notre pays doit opérer des reformes capitales pour mener à bien les futurs chantiers de développement.
La volonté politique est affirmée au plus haut niveau de l’Etat pour insuffler cet esprit de la probité et de la morale publique pour une culture de l’effort et de l’éthique dans la gestion de notre pays.
C’est pourquoi, nous ne pouvons, et ne devons tolérer aucunes défaillances, aucunes irrégularités susceptibles de porter préjudice à l’espoir national pour un avenir meilleur.
En ce sens, l’amélioration de notre système de gouvernance doit être poursuivie et intensifiée. Il faudrait rapidement amorcer des réformes radicales la gestion saine du patrimoine de l’Etat car nous n’avons plus droit à l’erreur dorénavant.

La lutte contre la corruption doit être engagée sans retenue pour en finir avec cette impunité ambiante. On peut dire que sans transparence, sans réduction de l‘arbitraire et de la corruption, sans renforcement les institutions de l’Etat, sans mise en place des contre-pouvoirs efficaces, sans modernisation de l’administration publique etc… Toutes les promesses de développement humain (bien être, santé, éducation, loisir, social etc.…) seront vouées à l’échec.

C’est la raison pour laquelle, la lutte contre la corruption constitue la mère de toutes les batailles parce qu’elle est la source même de tous nos malaises constatées.
Voici une liste de dix propositions d’actions qu’il faudrait considérer à l’avenir.

1) Renforcer la Commission Nationale de Lutte contre la Corruption pour en faire une agence indépendante, dotée de pouvoirs réels.

2) Criminaliser les actes de corruption et instaurer des amendes financières en corrélation avec le préjudice causé ou les montants concernés. L’objectif de criminaliser les actes de corruption permettra de renforcer la justice anti-corruption et de limiter l’arbitraire et les possibilités d’influencer les magistrats dans les affaires de corruption.
En criminalisant les actes de corruption permettra de renforcer la justice anti-corruption et de limiter l’arbitraire et les possibilités d’influencer les magistrats dans les affaires de corruption. En effet, un tribunal criminel est composé d’un magistrat (le président), de deux assesseurs et de deux suppléants issus de la population. Il y a donc implication des citoyens dans la sentence.

3) Appliquer l’obligation légale de déclaration de patrimoine pour tous les décideurs politiques, des hauts fonctionnaires et des magistrats.
En vertu de bonne conduite requise pour servir l’Etat, il serait bienvenu que les décideurs politiques (membres du gouvernement, parlementaires, futurs sénateurs) puissent publier annuellement leur patrimoine pour des exigences de transparence et de preuve de probité. En attendant l’adoption de cette loi, les ministres ou députés peuvent dès lors s’acquitter volontairement à cet exercice de transparence pour gagner la confiance et le cœur des citoyens.

4) Renforcer le pouvoir et les prérogatives de la Cour des Comptes.
Garantir l’indépendance de cette agence vis-à-vis de tout lobby ou du pouvoir politique, assurer la pérennité de son financement, et renforcer sa proximité avec la société civile. Les rapports de la Cour devront systématiquement être rendus publics, et disponibles sur son site interne.
L’agence devra être dotée du pouvoir d’auto-saisine avec la liberté d’adopter son programme et plan d’actions en toute indépendance.

5) Instaurer une obligation de publication des états financiers et des transactions financières des institutions et organismes publics et parapublics. Cette mesure permet d’accroître la transparence sur les états financiers des institutions et organismes publics afin de les inciter pour une meilleure discipline budgétaire.

6) Accélérer la réforme administrative et réduire l’arbitraire et les comportements discrétionnaires dans l’administration au service des citoyens. Il faut renforcer l’administration au service des citoyens en introduisant des garde-fous pour réduire les abus, l’arbitraire et les comportements discrétionnaires.

7) Réduire d’au moins 20% la liste des documents requis pour chacun des 20 actes administratifs les plus demandés par les citoyens. Cette mesure consiste à améliorer le quotidien du citoyen en simplifiant les procédures administratives par la mise en place d’une équipe dédiée à la simplification administrative sous tutelle de la Primature qui s’attaquera immédiatement aux vingt actes administratifs les plus demandés par les citoyens (carte d’identité nationale, passeport, livret de famille, extrait d’acte de naissance, certificats de résidence, carnet de retraite, actes de propriété et de transfert de propriété , attestation de position fiscale, permis de construire, carte d’indigence, permis de conduire, casier judiciaire, attestation de paiement des impôts, carte grise, registre du commerce pour les commerçants, professions libérales et patente des entreprises, etc.). Tous les formulaires et dossiers demandés pour ces 20 actes administratifs seront mis en ligne sur le portail internet d’e-administration.

8) Introduire un numéro gratuit, appuyé par un centre d’appels dédié, ainsi que d’un portail internet (e-administration) d’information et de réclamation pour les abus administratifs. L’objectif visé est de donner aux citoyens des moyens de recours en augmentant l’information disponible leur permettant de réclamer leurs droits, afin de réduire les abus et comportements arbitraires dans l’administration. Dans un premier temps, les plaintes seront simplement dirigées vers les administrations concernées et les statistiques relatives à ces plaintes seront publiées (par service incriminé).

9) Renforcer l’implication de la société civile et de l’expertise nationale dans le débat sur les politiques publiques, afin d’améliorer la qualité des politiques publiques, leur suivi et la reddition des comptes par les pouvoirs publics vis-à-vis de la société civile. Créer des espaces de débat pour que les analyses produites soient systématiquement intégrées dans le processus de préparation des politiques publiques et d’évaluation de leur mise en œuvre. Notamment, avec la radio diffusion de débats parlementaires.

10) Renforcer le rôle d’information et de contre-pouvoir de la presse écrite ainsi que sa crédibilité.
La presse écrite joue un rôle important dans la promotion de la bonne gouvernance et l’instauration d’une véritable transparence vis-à-vis du citoyen. La crédibilité de la presse est étroitement liée à sa fiabilité et à son indépendance.
Il faut adoucir les procédures la création de nouveaux journaux conformément à la réglementation en vigueur sous régime déclaratif et non sous autorisation du Ministère de la Justice ;
Réactiver et renforcer le Conseil d’éthique et de déontologie de la presse (instance à même de juger des délits de presse, composée de journalistes).

Cette liste des 10 actions n’est certainement pas exhaustive et cette lutte contre la corruption demande l’adhésion et l’implication de tous les djiboutiens pour concrétiser leur rêve d’une nation solide et modernisée. La croisade contre la corruption est notre seule planche de salut pour instaurer ce nouvel ordre national.

Bachir Maki

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